Roland Emmerich, le réalisateur à blockbuster d'Hollywood, se lance dans le film préhistorique (genre très peu exploité, à part La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud), délaissant son domaine de prédilection, non pas le film à gros budget, mais la science-fiction, où il oscillait entre décéption (Godzilla, Independence Day) et réussite (Le Jour d'Après). Et cette fois-ci, ça fonctionne plutôt bien.

10 000 ans avant notre ère, au coeur des montagnes... Le jeune chasseur D'Leh aime d'amour tendre la belle Evolet, une orpheline que sa tribu recueillit quelques années plus tôt. Lorsque celle-ci est enlevée par une bande de pillards, D'Leh se lance à sa rescousse à la tête d'une poignée de chasseurs de mammouths. Le groupe, franchissant pour la première fois les limites de son territoire, entame un long périple à travers des terres infestées de monstres, et découvre des civilisations dont il ne soupçonnait pas l'existence. Au fil de ces rencontres, d'autres tribus, spoliées et asservies, se joignent à D'Leh et ses hommes, finissant par constituer une petite armée.
Au terme de leur voyage, D'Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d'immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n'est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière...

Evidemment, si vous venez voir le film dans l'intention de voir un La Guerre du Feu 2, vous allez vite être déçu... Le titre de "10 000" n'a strictement aucune signification. Le monde de 10 000 ne présente qu'une vague ressemblance avec le nôtre. Ici, toutes les époques se mélangent : préhistoire, antiquité, moyen-âge... Ce qui compte, c'est le divertissement, comme toujours chez Emmerich.
On pourrait croire que ça ne donne rien. Mais les premières impressions sont bien heureusement fausses. Le film décolle enfin lorsque le réalisateur trouve son rytme dans les scènes d'action, toutes aussi époustouflantes les unes que les autres (la jungle, particulièrement réussie), appuyées par des décors et costumes somptueux, qui même s'ils n'ont rien de vraisemblable d'un point de vue historique, n'en restent pas moins très beaux et en accord avec l'ambiance du film.

Le film monte en crescendo jusqu'à la fin qui se déroule dans un désert "égyptien". C'est bien simple : on n'avait pas vu de décor aussi colossal et magnifique depuis Minas Tirith dans Le Seigneur des Anneaux III.

Emmerich réussit son pari, mais sans aller vraiment plus loin : nous livrer un film d'action, d'aventure bourrés d'effets spéciaux, encore un dans sa filmographie, un pur divertissement. 10 000 est sûrement la plus grande réussite du réalisateur, après Le Jour d'Après.
Note finale : 17,5/20