Critique DVD Collector Alexandre de DVDrama :
Cest un copié-collé de la critique de DVDrama.
ALEXANDRE - EDITION COLLECTOR Alexander Réalisateur : Oliver Stone Acteurs : Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer, Jared Leto, Rosario Dawson, Anthony Hopkins Durée : 168 minutes Suppléments : Commentaire audio, making-of (1h16), documentaire sur alexandre, interviews, bande-annonces Date de sortie DVD : 03 août 2005

Critique image : 10/10 Dès les premiers instants du générique, on comprend à quel point l'image de cette édition d'Alexandre est de haute tenue. La définition impressionne par sa précision, révélant et mettant en valeur de nombreux détails sur chaque plan et chaque effet. Le niveau de précision atteint son apogée dans les scènes de batailles, notamment celle de Gaugamèles où la profondeur de champ s'avère parfaite, et où les nuages de poussière enveloppe l'action dans une précision rappelant l'expérience en salle. Les couleurs ne sont pas en reste, sursaturées lors du générique par exemple dans des bleus d'exception rarement atteints au format vidéo PAL européen, et la palette chromatique du film, des jaunes du désert, aux couleurs démentielles de la bataille contre l'armée d'éléphants tournée en partie en infrarouge, resplendit de A à Z. La profondeur des noirs, la qualité du contraste, le petit grain pellicule rajouté, tout justifie la labellisation THX de ce transfert dans les moindres détails. On notera certes quelques légères saccades dans certains plans, mais c'est bien peu en comparaison de la réussite phénoménale du reste du transfert. A noter que le master est français, toutes les inscriptions à l'écran étant dans la langue de molière.
Critique son : 9/10 Deux pistes sont ici proposées, toutes deux Dolby Digital 5.1 (448kbps), en anglais et français. Dès le générique encore une fois on peut constater à quel point la musique de Vangelis profite de l'ouverture des canaux pour envelopper le film, portée par son souffle, sa dynamique et sa répartition. Il en va de même pour les effets sonores, qui lors des batailles utilisent à merveille les cinq canaux et le caisson de basses du home-cinéma. Les scènes de dialogues et d'exposition sont quant à elles plus calmes, essentiellement axées sur les avants, mais bénéficient tout de même d'un niveau de détail plaisant, qui certes aurait sans doute encore gagné si une piste DTS avait été rajoutée, mais parfaitement efficace pour retranscrire l'ambiance d'un film au mixage de tout façon très complexe. On notera au passage que les pistes peuvent se changer à la volée, ce qui permet de constater aisément une dynamique et précision très légèrement inférieure pour la piste française, et de comparer les voix, certes bien choisies en VF, mais permettant en VO d'apprécier le véritable travail des acteurs. Les sous-titres sont quant à eux également de bonne qualité, et peuvent se changer à la volée Un atout parfait pour lire le commentaire audio en regardant le film (oui, il y a des amateurs).
Intéractivité(menu) : 10/10 Deux éditions sont mises en vente le même jour : l'une "single" contenant uniquement le premier DVD avec le film et le commentaire audio, l'autre collector contenant un second DVD consacré aux suppléments.




DVD 1 Le menu du premier DVD est intégralement animé, reprenant des passages du film dans un joli filtre jaune en référence aux décors des déserts du film, et portés par la musique de Vangelis. La navigation est claire, simple. Parfaite.
Commentaire audio d'Oliver Stone : On connaît Oliver Stone pour sa grande faculté à expliquer ses films, sa mise en scène, et à se confier aux auditeurs de ses commentaires audio. Il en va exactement de même ici, et ne s'arrêtant pas du début à la fin, il arrive à captiver aisément notre attention. D'autant que les points abordés ici sont aussi variés que passionnants. Stone profite donc de ses 2h40 pour disséquer son film sur tous ses aspects. A commencer par la véracité historique, en expliquant détaillant les murs de l'époque qu'il a voulu reproduire fidèlement, et les quelques libertés qu'il dû prendre dans ce qui reste une adaptation au cinéma : "L'histoire fourmille tellement de détails, que ça rend fou d'écrire un scénario en s'escrimant à ne rien omettre." dit-il au détour de quelques révélations sur ce qui s'est réellement produit (dans la limite des connaissances que l'on a sur ces faits historiques) et ce qu'il a mit à l'écran. Mais dans tous les cas, on sent que le réalisateur a tenu à être le plus proche possible de la réalité, ou du moins de ne jamais la trahir par des contre-sens. Oliver Stone prend également le temps de nous décrire sa mise en scène, certes en prenant le partie de "raconter" parfois ce qui se passe à l'écran, mais uniquement dans le but de nous expliquer la logique de ses choix, à l'évidence tous mûrement réfléchis. L'occasion donc de constater encore plus dans les détails lors des batailles jusqu'où son montage et ses plans traduisent la stratégie d'Alexandre et de ses ennemis. On trouve bien évidemment dans ce commentaire un grand nombre d'anecdotes de tournage, sur l'entraînement des acteurs, les contraintes budgétaires, la création du générique de début par le laboratoire Eclair, la demande expresse des assurances que les prises en infrarouge tournées à la fin le soient également en mode normal au cas où ça ne marche pas, etc. En somme, une jolie leçon de mise en scène se trouve à la clé de ce commentaire audio rentrant dans le cercle fermé de ceux indispensables à écouter.
Bande-annonce (16/9, 1mn43) L'excellente bande-annonce de Alexandre, malheureusement uniquement présentée en VF et Dolby Surround La version originale et en 5.1 se trouvant sur le second DVD (youpi).
DVD 2 Le menu de ce second DVD arbore un ton graphique plus proche de la seconde partie du film, notamment à travers des motifs rappelant l'infrarouge utilisé dans la fin de la bataille contre l'armée et les éléphants. Making-of :
Vaincre le Temps (16/9, 1h16) Réalisé par Sean Stone, fils d'Oliver, ce making-of devrait plus être qualifié de film pour sa structure narrative particulière. Intrigué par le métier de son père et ce projet "Alexandre" qui le hantait depuis si longtemps, Sean Stone nous explique avoir arrêté la fac le temps d'un semestre pour l'accompagner dans son périple, sachant qu'il aurait besoin de soutien, mais aussi persuadé que son père ne ferait un tel film qu'une seule fois dans sa vie. Si l'on ne regarde que les éléments détaillant la fabrication du film, on tient là sans aucun doute l'un des documentaires les plus honnête et riche sur une telle production. Il faut voir Oliver Stone dans une chambre d'hôtel avec son producteur en train de discuter de la date de sortie du film, regardant semaine après semaine quelle est la meilleure pour le film : "Non là c'est Thanksgiving, les gens vont moins au cinéma" ; "Non là y'à Ocean's Twelve qui sort, Le Pôle Express, Blade je sais pas combien, et après il y a Aviator", etc jusqu'à arriver à la date du 20 Décembre qui met Stone dans tous ses états tellement il a l'impression que son film va être sacrifié dans une période où les gens vont peu au cinéma. "C'est du capitalisme dans toute sa splendeur" rétorque-t-il en riant jaune. Finalement le film sortira le 24 Novembre. On assiste également à quelques réunions de production nous dévoilant la face cachée du cinéma, ainsi qu'une séance houleuse de montage où Oliver Stone se rend compte de quelques défauts ("J'ai trop utilisé la steady-cam dans cette scène ! C'est toi qui m'a fait faire ça ! Quelle gâchis !") mais surtout du nombre de plans qu'il allait de voir jeter (deux bonnes heures sur cinq). Le tournage en lui-même nous ait aussi dévoilé, montrant l'atmosphère sur le plateau, le travail avec les acteurs, leurs hésitations, leur implication, leur direction, le tout parfois accompagné des commentaires de Stone père ou fils. Mais à ces images d'exception dévoilant l'envers du décor avec une absence de pudeur troublante, c'est surtout cette relation entre les deux hommes mise en parallèle qui donne une dimension supplémentaire à ce "making-of". Le tournage devient alors un véritable voyage initiatique pour les deux. Au détour de ce making-of, Stone évoque sa crainte de dévoiler un film à son public, car il se dévoile lui-même. Ce film/documentaire magistral en dévoile les raisons, prouvant que tourner un film ne se résume pas à enchaîner des plans et les monter ensemble, mais en une véritable implication émotionnelle. Franchement, on avait jamais vu ça, et quiconque intéressé par le cinéma se doit d'être témoin de ce tournage par ce film.
Documentaire historique du National Geographic : Alexandre le Grand (4/3,47mns, vf) Un documentaire proposant des interviews d'historiens montées en parallèle avec des images de reconstitution pas forcément des plus crédibles notamment au niveau des comédiens, et surtout au regard du film. Dans sa forme fait par des américains pour des américains, mais dans le fond dévoilant qui était réellement Alexandre, quels furent ses exploits et surtout ses conséquences sur le monde culturellement. Autant dire que si l'on connaît déjà le personnage, rien de neuf n'est au programme de ce documentaire un rien pompier. En revanche, pour les néophytes, il s'agit là d'un exposé forcément passionnant pour en savoir encore plus sur l'un des plus grands conquérants de l'histoire, qui devrait les encourager à explorer un peu plus ce personnage à travers quelques lectures.
Interviews : Quatre interviews disponibles, respectivement d'Oliver Stone (2mns07), Colin Farrell (2mns44), Angelina Jolie (3mns07), Val Kilmer (3mns07). Extraites d'interviews beaucoup plus longues (une sur deux commence au milieu d'une phrase !), ces interviews réalisées pour la promotion du film ne vont évidemment pas aussi loin que les suppléments précédents. Si l'on la rapide présentation d'Oliver Stone du film en lui-même reste toujours intéressante, le reste demeure assez superficiel, les acteurs abordant leurs personnages, et à peine commencés à rentrer dans les détails concluent que c'était une expérience magnifique et un film dont ils sont très fiers.
Bande-Annonces : Les excellents teaser (Dolby Surround) et bande-annonce (Dolby Digital 5.1), en 16/9, au choix en version originale sous-titrée ou française.
Entre le commentaire audio d'Oliver Stone qui s'impose comme une jolie leçon de mise en scène et d'écriture, et le film/making-of qui dévoile sans pudeur les dessous de la fabrication d'un film et l'implication de ses artisans, on tient déjà là une édition de référence en terme d'éditorial, non seulement sur le film en lui-même, mais également en DVD tout simplement. In-dis-pen-sable dès que l'on aime le cinéma, apprécier ou pas le film n'étant qu'accessoire.