Frank Miller, auteur prolifique de bande dessinée à succès, a vu son œuvre très souvent adaptée au cinéma ses dernières années avec Daredvil, Sin City, dont il a été nommé à titre honorifique co-réalisateur avec Robert Rodriguez, 300, Batman : The Dark Knight… Après un échec en tant que scénariste de Robocop 2, le cinéma ne l’intéressait plus, jusqu’à la révélation qu’a été Sin City et son usage de technique vidéos exceptionnelles qui permet la traduction totale du graphisme d’une BD sur une pellicule de cinéma, grâce à la magie du fond vert et des effets numériques.

Aujourd’hui, les projets se bousculent dans l’agenda de Frank Miller : Sin City 2 et 3, Hard Boiled, toutes des adaptations de BD qu’il a lui-même dessinées ! C’est donc son premier film que l’on découvre, premier film qu’il réalise tout seul, adapté d’une BD (que je n’ai pas lu au moment de la rédaction de cet article) qui l’a, d’après ses dires, beaucoup inspiré et lui est très chère : « The Spirit » de Will Eisner (le père de <st1:personname w:st="on" productid="la BD">la BD</st1:personname> moderne !). Il a même déclaré vouloir réaliser lui-même ce film pour ne laisser personne massacrer « The Spirit »… Ne l’a-t-il pas fait lui-même ?

The Spirit est sans conteste le film le plus bizarroïde qui soit sorti depuis longtemps. Il n’a pas l’allure d’un grand film, et ressemble très bien à l’idée qu’on peut se faire d’un premier film… Il est en effet bourré d’erreurs. The Spirit n’est qu’un gros, très gros délire. Un grand n’importe quoi hilarant.
Ne connaissant pas l’histoire du comic original, on ne peut guère établir de comparaisons quant au niveau du scénario. Ce qui ressort en tout cas, c’est son côté complètement dingue : tout est abracadabrantissimesque, avec des thèmes chers à Miller (l’Antiquité grecque), et qui correspond très bien à l’esprit général du film…
Tout est pensé comme une BD, mais le film ressemble plutôt à un cartoon, sauf lorsque des séquences ou le Spirit se balade seul dans sa ville. Les acteurs sont tous mauvais, sauf les rôles principaux pour le Spirit et l’Octopus, franchement épatant. La musique est ratée, étant un pot-pourri de références à d’autres bandes originales et qui perd donc toute identité… Le réalisateur abuse des effets numériques « à <st1:personname w:st="on" productid="la Sin City"><st1:personname w:st="on" productid="la Sin">la Sin</st1:personname> City</st1:personname> »… Le film n’est qu’une gigantesque caricature de Sin City. Pourtant, on passe un bon moment lors de la projection de The Spirit. On peut même affirmer qu’on a aimé.
The Spirit est en effet très drôle, que ce soit par maladresse ou non. L’Octopus est admirablement bien joué, encore plus fou que le film. Le rythme du film est entraînant, le traitement des images du film si particulier, lorsqu’il n’est pas excessif, possède encore une originalité et une beauté ; un traitement qui donne au film, avec son rythme et la démesure de son scénario, un véritable air de BD. On finit, après un moment de surprise, à rentrer plus ou mois dans le délire de Frank Miller.

The Spirit n’est donc pas un grand film. Il est loin, très loin de Sin City et 300. C’est juste une blague. Une bonne blague, un bon divertissement…
Note finale : 15/20