Grand favori pour <st1:personname productid="la Palme" w:st="on">la Palme</st1:personname> d’Or de Cannes 2009, « Un Prophète » qui signe le retour de Jacques Audiard après les huit césar de De battre, mon cœur s’est arrêté. Il remporta finalement le Grand Prix. Mais le film est là, exceptionnel. Une plongée dans la vie carcérale de Malik El Djebena.

Filmé comme toujours avec l’esthétique de l’« image inclinée » (la caméra bouge toujours), on suit la paradoxale ascension de Malik El Djebena magistralement interprété par Tahar Ranim dans l’univers de la prison, mais aussi dans la vie sociale… Il n’est au début qu’un « voyou » illettré, mais après avoir été recueilli par César (extraordinaire Niels Arestrup), et exécuté pour lui une mission qui le hantera presque tout au long du film, mais il apprendra vite en prison, et en sortira grandi. Pourtant, il ne perds jamais ses manières, ne se transforme pas en mégalo, il reste – et c’est là toute la force de Tahar Ranim – semblable à lui-même, insensible, jusqu’à qu’il réussisse à se débarrasser d’une morale qui ne l’avait jamais vraiment embarrassé. Malaise, fascination sont inspirés par ce personnage qui ne s’occupe qu’à tisser des liens entre les différentes communautés de la prison, et qui esquisse son premier sourire dans un déchaînement de pure violence…

Le film n’est pas une exaltation du milieu carcéral, il ne dresse pas un portrait idéaliste d’un truand devenu roi. Il est juste froidement réaliste. Un film percutant de Jacques Audiard.<o:p></o:p>
Note finale : 18,5/20<o:p></o:p>